Motif de 30% des consultations aux urgences, les troubles du rythme cardiaque figurent parmi les pathologies cardiaques en progression en Algérie. Le Pr Yazid Aoudia, chef d’unité de rythmologie au CHU Mustapha Bacha, revient sur la gravité de cette pathologie et les nouvelles techniques d’intervention introduites exclusivement dans son service.

Une première opération par radiofréquence d’un faisceau accessoire, une anomalie congénitale à l’origine de troubles sévères chez un adolescent, a été effectuée en 2003 avant d’introduire une nouvelle technique en février dernier pour la prise en charge de cette pathologie, qui consiste en l’isolation des veines pulmonaires par cryothérapie. Cette perturbation du rythme cardiaque, explique le Pr Aoudia, où le cœur subit une modification du rythme et atteint les 100 pulsations par minute, ou moins de 60, nécessite une prise en charge et un traitement adaptés.

Un traitement médical est préconisé par voie orale ou en injection. Une forme qui est actuellement en rupture à l’hôpital. Ce qui pose un sérieux problème dans la prise en charge des patients admis en urgence, regrette-t-il. Il s’agit donc d’un produit fourni par la PCH, mais qui actuellement est indisponible.

«La manifestation la plus répandue dans les troubles du rythme est la fibrillation atriale, d’incidence faible chez les jeunes, mais qui touche près de 10% de la population âgée entre 65 et 70 ans. Le traitement préconisé est l’ablation par radiofréquence ou par cryothérapie, qui la plus privilégiée, notamment chez les jeunes», a-t-il souligné.

Hormis le vieillissement et la prise de certains médicaments cités comme causes de cette arythmie, plusieurs autres facteurs sont incriminés, tels que le tabac, le stress, l’artériosclérose, l’athérosclérose et les excitants , etc. Le Pr Aoudia signale que cette maladie augmente avec l’âge et les facteurs de risque tels que le tabac, l’HTA, la consommation de produits anabolisants, les sports d’endurance, qui entraînent la mort subite.

La prévention contre cette maladie passe, selon lui, par le traitement d’abord adéquat de l’hypertension artérielle, l’arrêt du tabac et de tous les excitants. Il regrette que seul le CHU Mustapha Bacha dispose d’une unité de rythmologie. La formation des médecins est aujourd’hui primordiale et il est important de développer des services de prise en charge des troubles du rythme cardiaque.

Source El Watan