Un consortium de 250 journalistes européens et 59 médias ont révélé, hier, le scandale des dispositifs médicaux d’implant jamais testés sur des patients ayant fait, selon les premiers résultats de l’enquête, plus de 82 000 morts, 1,7 million de blessés et 3,6 millions de défaillances.

Cette enquête de grande ampleur, publiée par Le Monde et la cellule investigation de Radio France, partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), a mis en cause les pacemakers, les prothèses de hanche, les prothèses mammaires PIP (Poly Implant Prothèse) et les implants contraceptifs Essure (méthode de contraception définitive pour les femmes).

Le scandale des «Implants Files» montre que c’est tout le système européen qui est défaillant, précisant que le taux de rappel des implants européens est plus élevé qu’aux Etats-Unis où tout est contrôlé par Food and Drug Administration (FDA).

Cependant, les carences du contrôle de ces dispositifs médicaux a causé au seul pays des Etats-Unis 82 000 morts et 1,7 million de blessés en dix ans. L’enquête révèle que le nombre total d’incidents est de l’ordre de 5 477 285, ce qui laisse penser qu’il s’agit, en dix ans, de plus de 82 000 morts, 1,7 million de blessés et 3,6 millions de défaillances, précise le consortium, auteur de l’enquête qui dit avoir bataillé «ferme» contre l’opacité des administrations de 36 pays pour «arracher des chiffres».

«Ces chiffres vertigineux, ce sont les dommages causés ces dix dernières années rien qu’aux Etats-Unis par les dispositifs médicaux, une famille d’outils de la médecine qui comprend les pompes à insuline, les pacemakers ou les prothèses de hanche», qui ne représentent qu’une «infime partie» de la réalité, précise-ton.

Pour la France, on indique que le nombre d’incidents a doublé en dix ans, atteignant les 18 000 en 2017, soit environ 158 000 incidents, alors que dans de nombreux pays européens, les incidents ont triplé en dix ans.

Les journalistes d’investigation affirment que derrière ces chiffres, il y a souvent des corps et des familles «meurtris», des existences «rythmées par les examens», les opérations et l’apprivoisement de la douleur, soulignant que l’histoire de ces implants féminins est traversée d’incidents que les autorités balayent comme autant de «fraudes», «scandales» ou «exceptions», et non comme un dysfonctionnement fondamental du système de santé qui semble sans contrôle en Europe.

Source: El Watan