Young beautiful woman with a newborn baby after birth

Du nouveau pour la prise en charge des femmes enceintes. Les drames ayant coûté la vie à des parturientes et à leurs nouveau-nés ont fini par faire réagir les responsables de la santé. Un nouveau protocole de prise en charge de la femme enceinte a été élaboré. Il vise à mettre fin aux transferts anarchiques en cas de complications, à définir dès le début de la grossesse la structure de santé devant l’accueillir pour lui éviter d’en faire le tour et d’essuyer des refus d’admission.
Véritable problème de santé publique, la prise en charge des accouchements ne se fait pas toujours dans les meilleures conditions. De l’aveu même du professeur Addad, chef du service de gynécologie au CHU Mustapha-Pacha, cet heureux événement tourne parfois au drame et les accouchements sont devenus aussi stressants pour les familles que pour le personnel médical. Les causes ? Des structures inappropriées et saturées et des transferts dans des conditions inhumaines. Pour mettre un terme à cette situation, un guide d’organisation des réseaux de la prise en charge de la femme enceinte a été élaboré. Il s’agit de lui proposer dès le début de sa grossesse un parcours définissant sa prise en charge et le lieu où se déroulera son accouchement. Avec ce système, le ministère de la Santé espère mettre un terme à la pratique qui consiste à refuser l’admission d’une femme sur le point d’accoucher et de lui imposer le dangereux tourisme médical. Le guide en question propose non seulement un classement des structures de santé en fonction de leurs moyens humains et matériels mais surtout l’élaboration d’un projet d’accouchement avec le choix préalable du lieu où se déroulera ce dernier. Il sera en effet désormais obligatoire de préciser dès le début de la grossesse le lieu où se déroulera l’accouchement, que ce soit dans le privé ou le public. Autre mesure : les transferts de femmes sur le point d’accoucher ne se feront que dans une ambulance avec une fiche de liaison qui permettra de mettre fin à la dissolution des responsabilités. Il sera également pris en compte les spécificités régionales comme le relief, le climat et les grandes distances à parcourir. Désormais, les structures de santé seront classées par palier. Celles de palier 1 s’occuperont essentiellement de la captation de la grossesse, son enregistrement et son suivi. Celles de palier 2 s’occuperont des accouchements sans risques alors qu’au niveau de celles de niveau 4, il s’agira de celles disposant de véritables services de gynécologie avec des spécialistes, pédiatre, réanimateurs et anesthésistes alors que celles se trouvant au niveau des CHU sont classées 4 avec un bloc opératoire et une unité de néonatalogie. Les accouchements à risques ne se feront que dans les structures de types 3 et 4. Le réseau sera mis sous le contrôle des directeurs de la santé via un gynécologue coordonnateur. Le ministre de la Santé, qui réunissait hier les directeurs de la santé et les directeurs des CHU, affirmait que l’obligation de l’inscription de la parturiente au niveau des maternités est capitale car permettant d’anticiper sur le nombre d’accouchements et de s’y préparer. Abordant à son tour la question du fonctionnement des structures de santé, l’inspecteur général du ministère de la Santé a mis le doigt sur les nombreux dysfonctionnements constatés lors des différentes inspections. Il s’agit de la mauvaise tenue des inventaires constatée dans l’ensemble des structures de santé, ce qui empêche de connaître avec exactitude leur patrimoine, l’absence du contrôle préalable des dépenses engagées et le programme de maintenance des équipements. Au niveau des Directions de la santé, il a été également constaté un sous-encadrement administratif sans compter l’absence d’assistance juridique au profit du personnel faisant l’objet de poursuites judiciaires dans le cadre de leurs fonctions.
N. I.

source : le soir d’Algerie