Man holding red aids ribbon

ALGER – Le président de l’Association nationale de Protection contre le SIDA (APCS), Pr Abdelaziz Tadjeddine, a plaidé pour le renforcement du dépistage du VIH SIDA au sein de certaines “populations clés” plus exposées à la contamination, en insistant sur la prévention et la protection comme meilleur moyen pour éviter cette maladie contagieuse.

“Il est nécessaire de conduire les ‘populations-clés’ vers le dépistage du VIH SIDA, à travers la sensibilisation et la communication, car ce sont les personnes chez lesquelles se concentre généralement l’épidémie”, a déclaré à l’APS, Pr Tadjeddine, précisant qu’il s’agit des personnes pratiquant un “vagabondage sexuel” où celles se droguant par voie intraveineuse notamment.

A l’adresse de celles-ci, il recommande de “ne pas prendre de risques inutiles en recourant à des relations non protégées”, tout en les conviant à méditer le slogan prôné cette année par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, le 1er décembre, à savoir, “Connais ton statut !”.

L’enjeu du dépistage est d’autant plus important que l’estimation du nombre des personnes porteuses du VIH SIDA en Algérie dépasse de loin, les 12.000 cas officiellement déclarés, argumente le président de l’Association, basée à Oran et activant dans plusieurs régions du pays.

”L’Etat prend en charge le traitement qui est très efficace, dans la mesure où il s’agit des molécules mères. Cependant, il peut mieux faire en terme de prévention notamment”, a observé Pr Tadjeddine, par ailleurs, Chef d’Epidémiologie à l’hôpital pédiatrique de Canastel (Oran).

Sur un autre plan, le spécialiste pointe du doigt ”les pressions d’ordre culturel et social” entourant cette maladie et qui constituent ”un frein” aux efforts engagés pour lutter contre sa propagation, à l’instar du reste des pays arabes. “Le seul moyen de lutter contre cette pathologie est la prévention, à travers une sensibilisation contre les comportements à risques”, argumente-t-il.

Abordant le champ d’intervention de son association pour contribuer à lutter contre le SIDA, M. Tadjeddine cite, entre autres, la mise en place de centres de dépistage volontaire (CDV) fixes et mobiles à Alger, Oran, Mascara, et Béchar (depuis août dernier pour ce dernier), alors que la wilaya de Ghardaïa en sera également dotée, dés début 2019.

Ceci, en plus de l’initiative consistant en la création de groupes de paroles au niveau du centre d’Oran, destinés à quelque 80 femmes atteintes du VIH, dont la moitié est originaire de cette wilaya tandis que le reste provient d’autres régions du pays, cet espace d’expression permettant aux concernées de mieux gérer leur maladie.

Pr Tadjeddine évoque, par ailleurs, l’action ayant permis à une quinzaine de couples séropositifs de s’unir, depuis début 2018, faisant observer que grâce aux progrès scientifiques donnant lieu à un traitement efficace, le SIDA est devenu une maladie “banale”, si bien que les bébés issus de parents atteints du virus peuvent désormais en être épargnés.

Source : APS Algérie